Le vide existentiel de la personne.  
 
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             Le vide existentiel de la personne.

 

 

L’être humain vient au monde avec des moyens qui vont lui permettre de construire sa vie, de se construire. Certes ces moyens sont très différents selon les personnes. Mais chaque personne est pleine de quelque chose qu’elle va pouvoir faire fructifier ou laisser dépérir à son gré ou au gré de circonstances qui peuvent ne pas dépendre d’elle. Elle a des potentialités car elle est, elle existe, avec son identité, son entourage, ses points de repère, sa plus ou moins grande connaissance de certaines valeurs fondamentales qui gouvernent l’humanité. Elle n’est pas venue au monde par hasard, et ce n’est pas pour rien qu’elle est là.

 

Mais elle est aussi un être de désir qui aspire fortement à être reconnu et qui veut posséder les moyens de vivre. Etre et avoir sont deux auxiliaires qui ne sont pas opposés si les moyens employés pour parvenir à leur réalisation ne nuisent pas à l’intégrité de la personne en devenir.

 

Mais est-ce que cela va suffire à remplir mon existence ?

Est-ce que cela va suffire à donner un sens à ma vie ?

Etre et avoir, pour qui ? Pourquoi ? Comment ?

 

Ce sont les grandes questions existentielles que l’on se pose souvent sans toujours parvenir à trouver de réponses adéquates. Parce que nous vivons avec les autres, parce que nous existons aussi pour les autres, parce que nous sommes par les autres il semble que c’est avec les autres et auprès des autres que nous pourrons trouver des éléments de réponses qui nous permettront de remplir utilement notre vie.

 

Mais les aléas de la vie que nous menons, les interférences de l’entourage, les vicissitudes de l’existence, le manque d’intérêt, l’absence de projets mobilisateurs, le manque de curiosité vis-à-vis de tout ce qui nous entoure font que bien souvent nous nous trouvons devant un vide existentiel qu’il nous paraît parfois difficile à combler.

 

Alors, pour certains, l’alcool dont ils ont découvert les effets psychotropes par hasard ou en toute connaissance de cause vient à point pour remplir ce vide. En modifiant leur façon de voir, de penser et d’agir, l’alcool donne l’illusion, du moins au début de sa fréquentation, d’un bien être, d’une force et d’une plénitude qui contrastent avec ce vide éprouvé en l’absence d’alcool.

 

Mais voilà pour rester dans l’illusion du bien être il leur faut à nouveau consommer des produits contenant de l’alcool et ils entrent ainsi dans le processus de consommations répétées qui progressivement va les mener vers la dépendance à un produit toxique et cette dépendance va accentuer le malaise et le mal-être qu’ils avaient voulu fuir en consommant de l’alcool.

 

 

La Reconstruction de sa vie.

 

Alors comment sortir de ce cercle infernal ?

 

En premier lieu supprimer le produit qui est la cause de ce désordre. Rompre avec l’alcool est dans ce cas de première nécessité. La rupture totale et définitive avec le produit dont on est devenu dépendant va permettre de retrouver lucidité et santé et une reprise en main de nos responsabilités.

Mais cela ne serait pas suffisant s’il n’y avait pas une participation active à la reconstruction de notre personnalité dans toutes les dimensions physiques, psychiques et spirituelles.

L’être humain est un tout et c’est ce tout qu’il faut à nouveau faire ressurgir dans la vie, c’est ce tout qui doit à nouveau participer à la construction de notre société.

 

Réapprendre à vivre et à bien vivre sans avoir besoin de consommer d’alcool.

 

Donner un sens à sa vie, un sens qui ait du sens pour moi et pour les autres et entrer ainsi dans le chemin qui mène vers la guérison de mon être, vers ma libération.

Pour arriver à cela il faudra faire le bilan des potentialités existante afin de les mettre en valeur, il y aura lieu de réactiver toute les ressources qui n’auront pas été détruites par l’alcool et enfin il faudra s’appuyer sur les valeurs fondamentales qui sont les piliers d’une humanité toujours en devenir et toujours à bâtir. Et parmi ces valeurs phares il nous faut citer entre autre l’amour de prochain, le respect de l’égalité entre tous les hommes et la recherche de la justice. Mais l’homme ne peut se libérer seul, il a besoin des autres pour cela et les autres ont besoin de lui pour vivre libres et sa vie à lui ne peut avoir de sens que si elle prend en compte les besoins des autres.

 

« Voici, je mets devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur…

Choisis la vie, afin que tu vives » (Deutéronome 30, 15 et 19)

 

Nous avons tous devant nous un choix possible. Encore faut-il oser le prendre. Il est des décisions qui changent pourtant notre vie comme se réconcilier avec soi-même, prendre la décision de dire non à l’alcool.

C’est donner un avenir à notre espérance par la découverte et le choix d’un nouveau mode de vie, fondés sur la conception chrétienne de l’amour et de l’espérance.

A la Croix Bleue C’est aussi se rendre disponible pour accompagner ceux et celles qui sont piégés de l’alcool, avec le « c’est possible » qui fonde notre espérance et que nous redisons toujours avec des mots nouveaux, mais surtout toujours avec l’engagement de notre cœur.

 

C’est tout un programme avec ses exigences, ses engagements, ses luttes mais aussi avec cette immense espérance du possible de la guérison de l’homme, de tout l’homme. Et ainsi conçue, notre vie prendra enfin du sens et nous aurons donné un sens à notre vie dans laquelle il n’y aura plus de place pour les produits toxiques et partant de là pour toute formes de dépendances.

 

 

 

 

 René Schmitt.

 

 
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